Procès Gang des Barbares, Conditions de séquestration d’Ilan Halimi

 

 

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La Cour examine maintenant les conditions de séquestration d’Ilan Halimi. La première semaine, Ilan la passe dans un appartement, prêté contre une promesse de rémunération au gardien d’immeuble du 1, rue Prokofiev à Bagneux.

Youssouf Fofana a soigneusement préparé un décor pour accueillir Ilan Halimi :

Pour masquer les murs et les fenêtres, des draps de couleur, à motifs orange sont déposés. Dans une chambre, Ilan est menotté par-devant, les pieds entravés par le même gros ruban adhésif industriel qui lui obstrue les yeux et la bouche. Seul son nez dépasse du scotch qui lui recouvre tout le visage.

Dehors, le thermomètre oscille entre 0 et -5 °C.  Nu dans un peignoir en coton, acheté pour l’occasion, Ilan grelotte.

Pour entrer dans l’appartement, un code est mis en place par les geôliers : deux coups puis un autre frappé sur la porte signifie qu’aucun intru n’est présent.

Celui que les geôliers surnommaient « l’autre » était en permanence surveillé par deux et parfois quatre geôliers : Se relaient Nabil Moustapha, Yahia Kaba, Jean-Christophe Gavarin, Jérôme Ribeiro, Cédric Birot Saint Yves, Jérémy Pastisson et Fabrice Polygone.

Quand ils n’oublient pas d’alimenter Ilan Halimi, ils utilisent une paille par un trou de son bâillon et lui donnent des soupes et des protéines liquides. Pour uriner, on lui fait utiliser une bouteille et pour déféquer, ce sont des sacs en plastiques dont il doit se servir. De temps à autre, Ilan est lavé à l’aide de bouteilles d’eau et de gel sous prétexte qu’il doit partir. A chaque fois, cette annonce est annulée, à la surprise des geôliers qui pensaient ainsi disposer de l’argent de la rançon. Les geôliers ignorent tout des revendications farfelues de Youssouf Fofana qui change constamment le montant de la rançon. De façon régulière, les geôliers retrouvent leur famille pour rassurer leurs parents, se laver ou comme l’a dit l’un d’entre eux, «rattraper leurs prières ».

Sur la question de la religion, Ilan est prudent et déclare à ses tortionnaires être marocain, pays d’origine de sa mère et précise faire la prière comme les Arabes.

Dès son premier jour de séquestration, Ilan est violenté et la violence allait crescendo à mesure que les échecs de remises de rançon se multipliaient. Le temps qui passe use les nerfs des geôliers dont certains entreprennent de se défouler sur Ilan. Youssouf Fofana, lorsqu’il passe, s’isole avec lui pour le frapper.

Un geôlier a déclaré « un jour, il a commencé à réclamer souvent des cigarettes et comme il gémissait trop, à quatre, nous lui avons mis des tartes ». Mais souvent, les coups pleuvaient sans raison. Parfois, pour prendre des photos qu’ils voulaient les plus choquantes possibles, ils organisent une mise en scène avec simulacre de sodomie avec un manche à balai et à la demande Youssouf Fofana, qui veut une photo gore, un geôlier taillade la joue d’Ilan avec un cutter. Lors du jugement en première instance en 2009, celui qui paraissait le plus cruel après Fofana était sans doute Jean-Christophe Gavarin, alors mineur au moment des faits. De père guadeloupéen et de mère marocaine, il a été le seul geôlier dont les magistrats ont retenu le caractère antisémite comme circonstance aggravante en 2009, tout comme Youssouf Fofana. En cause, principalement, un joint que Jean-Christophe a écrasé sur le front d’Ilan Halimi. Il a déclaré aux policiers « la victime fait du bruit ou gémit, et comme je fumais un joint, j’ai appuyé ma cigarette au milieu de son front. ». Après cela, il a confié à ses complices « qu’il avait commis ce geste parce-qu’Ilan était « feuj » et qu’il n’aimait pas les « feujs ».

Eric Haddad pour Radio J

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Procès en appel du Gang des Barbares, Audition des premiers geôliers

 

 

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Aujourd’hui la Cour revient sur la façon dont ont été recrutés les premiers geôliers d’Ilan Halimi et la façon dont ils sont arrivés dans l’appartement rue Prokofiev où Ilan a été sequestré.

Sont auditionnés cet après-midi Jérome Ribeiro, Nabil Moustapha, Yahia Kaba, Jean-Christophe Soumbou et Jean-Christophe Gavarin. Tous ont été geôliers, recrutés par Youssouf Fofana dans les cités de Bagneux. Ils ont déclaré avoir été recrutés à la mi-janvier par un « grand »de la cité, ancien taulard.

 

  • « Il m’a demandé si je voulais me faire beaucoup d’argent et j’ai répondu oui. » Voilà ce qu’a expliqué Jérome Ribeiro pour décrire son entretien d’embauche particulier avec Youssouf Fofana.  « Il m’a indiqué qu’il suffirait de garder trois jours un homme« . Cet homme c’était Ilan Halimi, séquestré et torturé pendant vingt-quatre jours dans un appartement et une cave de Bagneux 

  • Jean-Christophe Gavarin, alias Zigo attendait le soir de l’enlèvement dans l’appartement de la rue Prokofiev, lieu de supplice d’ilan Halimi. Il décrit ainsi l’arrivée d’ Ilan Halimi : « Yahia Kaba tenait les portes de l’ascenseur. Quand ils sont arrivés en voiture, ils l’ont fait monter et sont repartis tout de suite. Il était scotché sur les yeux, la bouche et les pieds. Il avait des menottes en fer qu’il a toujours gardées. C’est Fofana qui avait les clés ». 

  • Nabil Moustapha, geôlier pendant toute la durée de la détention d’Ilan Halimi, affirme connaître Youssouf Fofana depuis qu’il est petit et qu’il lui a juste demandé de surveiller quelqu’un pendant trois jours. Pour cela, il devait toucher cinq mille euros. Nabil Moustapha décrit ainsi son arrivée dans l’appartement : « quand je suis arrivé, il y avait trois mecs caguoulés avec la victime. Il nomme alors Jérome Ribeiro, Yahia Kaba et Jean-Christophe Gavarin ».
  • Jérome Ribeiro, lui, affirme avoir été geôlier pendant cinq jours, du 21 au 26 janvier 2006. Comme aux autres, Youssouf Fofana lui a proposé de l’argent: « J’en avais besoin, je ne travaillais plus, il m’a demandé de garder un mec trois jours, au début je pensais à un petit règlement de compte. »
  • Yahia Touré Kaba devra lui s’expliquer sur les 18 jours ou il a participé à la séquestration d’ Ilan Halimi et sur les deux geôliers qu’il a présentés à Youssouf Fofana pour sa relève au moment où il a voulu partir.
  • Enfin, Jean-Christophe Soumbou, décrit comme incroyablement baraqué par les policiers qui l’ont auditionnés, était chargé d‘appréhender et de maîtriser Ilan Halimi lors de son transfert vers son lieu de détention. Il aurait eu l’idée des kidnappings en prison où il a connu Youssouf Fofana. Un témoignage qui devrait donc être capital cet après-midi.

 

Voilà pour les auditions de ce vendredi 19 novembre 2010 devant la Cour d’Assises de Créteil qui abordera également aujourd’hui et jusqu’à mardi les conditions de détention d’Ilan Halimi.


Eric Haddad pour Radio J

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Procès en appel du Gang des Barbares, Michèle Alliot Marie refuserait son audition en tant que témoin

 

 

michelealliotmarie.jpgOn vient d’apprendre que Michèle Alliot Marie viendrait de donner une réponse négative au Président du tribunal à sa demande d’audition comme témoin.

 

Michèle Alliot Marie devait notamment s’expliquer sur la raison qui l’a pousée, fait exceptionnel, à faire appel du jugement en première instance des peines des prévenus qu’ elle trouvait trop clémentes.

Dans un courrier adressé au Président du Tribunal, Michèle Alliot Marie répond qu’elle n’a aucunement été témoin dans cette affaire et qu’elle ne peut donc apporter aucun renseignement, ni sur les faits, ni sur la personnalité d’ aucun des accusés et ni sur la victime.

L’ ancienne Garde des Sceaux rappelle par ailleurs que sa démarche était une prérogative de sa fonction et ajoute que la brièveté des peines prononcées à l’encontre de certains accusés malgrè l’extrême gravité des faits, était de nature à encourager la banalisation de la violence, à troubler la paix publique et à raviver la douleur des proches de la victime.  

Eric Haddad pour Radio J

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Procès en appel du Gang des Barbares, Dans la tradition talmudique, le pardon existe, mais pas pour celui qui nie en l’autre sa qualité d’être humain

 

 

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Hier, en fin de journée, la Cour a auditionné un Rabbin auquel Youssouf Fofana avait téléphoné le 29 janvier 2006 au soir, de plusieurs cabines téléphoniques différentes situées sur le boulevard Raspail.

Youssouf Fofana l’a choisi au hasard sur internet, et lui a laissé trois messages pour lui dire qu’il séquestrait un Juif et que par ailleurs, un courrier l’attendait rue Sainte Beuve dans le 6eme arrondissement de Paris.

Dans une enveloppe, une cassette sur laquelle on entend la voix d ‘Ilan Halimi qui sanglotte et qui évoque les sévices qu’il subit.

A la barre, le Rabbin répond à une question posée par l’Avocat Général qui lui demande comment dans la religion juive on appréhendait le pardon.

« Dans la tradition talmudique, le pardon existe -répond le rabbin- mais pas pour celui qui nie en l’autre sa qualité d’être humain. Celui-là ne doit pas s’attendre à être traité comme un être humain en retour. La mort est donc la seule façon pour lui de bénéficier du pardon divin ».

A ce moment précis, exceptionnellement, les accusés présents dans la salle semblaient porter un intérêt à ce discours et avaient l’air captivés.

 

Est venu ensuite le témoignage de Jonathan.B, le cousin de Ilan Halimi :

Le 31 janvier 2006, lui aussi a reçu un appel anonyme et lui aussi a dû récupérer une enveloppe déposée par Youssouf Fofana dans un pressing du 17eme arrondissement de Paris. Ce jour là, des policiers qui trouvaient son comportement suspect décident de contrôler l’ identité de Youssouf Fofana mais ne trouvent finalement rien à lui reprocher et le laissent repartir.

Dans l’enveloppe, une autre cassette audio accompagnée d’une photo. Dessus, Ilan Halimi est en peignoir, les parties génitales à découvert, menotté et le visage couvert de scotch. Sur cette cassette audio, Ilan Halimi supplie sa mère et son cousin de payer la rançon et précise que s’ils ne le font pas, il sera tué.

Ce matin, la Cour a écouté ces cassettes audio en présence des policiers qui ont expertisé ces enregistrements. Une écoute très difficile. On y entend le désespoir d’Ilan, sa souffrance, ses supplications. Sur le visage des jurés, et même sur celui de la Cour, l’émotion était palpable.

La famille Halimi, déjà très éprouvée est attendue à 16h30 pour être auditionnée.

Youssouf Fofana, lui, doit être extrait de sa cellule pour être auditionné à 17h30.

 

Voilà pour le déroulement prévu aujourd’hui du procès des différents protagonistes du « Gang des Barbares ».

Eric Haddad pour Radio J

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Procès en appel du Gang des Barbares, La demande de rançon

 

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Ensuite, la Cour examine les différentes modalités qu’ont choisi le gang pour entrer en contact avec les proches d’Ilan Halimi. Dès le lendemain de son enlèvement, la famille reçoit le coup de fil d’un anonyme qui réclame 45 0000€ de rançon. Pour preuve de ses dires, l’interlocuteur achemine une photo d’Ilan par Internet, la tête entourée de scotch et un revolver sur la tempe. Les enquêteurs de la brigade criminelle localisent un cybercafé du XIVe arrondissement, le même qui a été utilisé un an auparavant pour racketter des médecins. Les coups de fil émanent souvent de « points phone », où les communications à bas prix passent par des routeurs.

Les enquêteurs tombaient sur des opérateurs à l’étranger et ne pouvaient donc localiser la source de l’appel. Certains coups de fil viennent d’un téléphone mobile actif sur la Côte d’Ivoire. À aucun moment, les enquêteurs imaginent que le preneur d’otage puisse faire des aller-retours entre la France et la Côte d’Ivoire.

À l’époque, le Sous-Directeur de la Police Judiciaire se plaint à Wanadoo du délai de 10 à 15 minutes pour identifier l’ordinateur sur lequel le ravisseur consulte sa messagerie. Finalement, la réponse tombe désormais en 3 minutes. Les ravisseurs utilisent des téléphones mobiles volés, Internet, des cabines ; à chaque fois ils ont su brouiller les pistes. Pourtant, ils passent des centaines d’appels, principalement au père d’Ilan qui est entouré 24h sur 24 d’inspecteurs de la brigade criminelle. La brigade criminelle, qui -chose exceptionnelle- demande un coup de pouce à la DGSE, les Services Secrets français, pour pouvoir remonter les e-mails envoyés par les ravisseurs.

Malheureusement, il est déjà trop tard, le compte à rebours tragique avait commencé le 20 janvier 2006 et s’est terminé le 5 février à Sainte-Geneviève des Bois.

Finalement, les policiers n’auront pas réussi à tirer Ilan Halimi vivant des griffes de ses ravisseurs. 

Eric Haddad pour Radio J
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Procès en appel du Gang des Barbares, Les lieux du crime

 

 

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Aujourd’hui, la Cour essaie de déterminer comment les ravisseurs d’Ilan Halimi ont été amenés à choisir le lieu initial de sa séquestration.

Témoignent aujourd’hui Samir Ait Abdelmalek et Gilles Serrurier :

Samir Ait Abdelmalek, qui connaît Youssouf Fofana depuis l’âge de 15 ans avait, dit-il, »accepté de le dépanner » quand il lui a demandé de trouver un lieu pour retenir une personne quelques jours. Samir Ait Abdelmalek est donc allé trouver Gilles Serrurier pour lui demander de lui rendre un service.

Gilles Serrurier qui est le gardien de l’immeuble où se trouvait l’appartement où a été séquestré Ilan Halimi. C’est donc lui qui a fourni les clés d’un appartement vide à Samir Ait Abdelmalek qui lui aurait expliqué vouloir y garder un homme qui lui doit de l’argent pendant une semaine. En raison de travaux de rénovation qui devaient avoir lieu dans l’appartement, Ilan Halimi doit partir et ses geôliers doivent donc trouver un autre endroit pour le séquestrer. Gilles Serrurier trouve alors une solution : Il propose de fournir les clés d’un local technique (une chaufferie) où Ilan sera transféré sur le dos de Youssouf Fofana. Le gardien d’immeuble affirme avoir eu des problèmes avec un groupe de jeunes de la cité pour expliquer son envie d’avoir de bonnes relations avec Samir Ait Abdelmalek qui lui assurerait ainsi en retour selon lui « une certaine protection« . Pour ses services, Gilles Serrurier devait en outre toucher 1500 euros.

Voilà donc pour les circonstances qui peuvent expliquer pourquoi le gang a choisi le lieu de séquestration de Hilan Halimi

Eric Haddad pour Radio J

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Procès en appel du Gang des Barbares, A la huitième photo montrée à la Cour, le juré fait un malaise

 

 

Les médecins légistes sont venus avec des photos qui ont été montrées à la Cour où l’on voyait le corps supplicié d’ Ilan Halimi. Vers 14h40, à la huitième photo, un juré a fait un malaise, ce qui a eu pour conséquence la suspension de l’audience et l’évacuation du juré à l’hôpital Henry Mondor. Le Président du Tribunal a pris la décision de le remplacer par un suppléant. Il est donc définitivement remplacé et il ne reste donc plus que trois juré suppléant sur les quatre existant auparavant. A la suspension d’audience, tous les avocats ont quitté la salle. Certains m’ont confié la difficulté qu’ils avaient eu à supporter la vision de ces photos que le Président a voulu plus nombreuses et détaillées que lors du précédent procès en première instance de 2009.
Réalisée le 14 février 2006 à l’ hôpital d’ Evry dans l’Essonne, l’autopsie d’Ilan a révélé des brûlures sur 60 pour cent de son corps, de multiples hématomes et contusions, une plaie à la joue faite au cutter et deux plaies à l’arme blanche sous la gorge. Son corps portait aussi trace de quatre plaies au cou, dont une à la veine jugulaire, ainsi qu’une « plaie pénétrante » à la hanche gauche, causée par un instrument tranchant et piquant. Voilà pour la teneur du rapport des médecins légistes qui ont examiné Ilan Halimi. Selon les médecins, la mort d’ Ilan Halimi n’est pas due aux conditions dans lesquelles il a été séquestré, mais aux brûlures et aux coups de couteaux qui lui ont été infligés dans les 24 heures précédents sa mort. Par ailleurs, il apparait aussi que le froid et la faim avaient constitué un facteur aggravant dans son affaiblissement. En 2009, lors du précédent procès en première instance, Youssouf Fofana avait reconnu avoir versé lui-même le liquide inflammable sur le corps d’ Ilan Halimi et l’avoir allumé avec un briquet. Ilan est mort plusieurs heures plus tard lors de son transfert à l’ hôpital.

Eric Haddad pour Radio J

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Procès en appel du Gang des Barbares, Le masque de la souffrance l’insoutenable agonie d’Ilan

 

 

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Aujourd’hui la Cour revient sur les circonstances où le corps d’Ilan Halimi  a été découvert le 13 février 2006. Ce jour là, à 8h25 du matin, c’est une automobiliste qui a aperçu le corps d’Ilan le long d’une voie ferrée sur la route de Longpont à Sainte-Geneviève-des-bois dans l’Essonne. L’automobiliste a expliqué à la barre avoir d’abord continué à rouler, pensant à un malade échappé de l’hôpital psychiatrique situé dans les environs. Finalement, la femme s’est décidée à s’arrêter quelques dizaines de mètres plus loin pour prévenir la police. A la Cour, cette femme a déclaré avoir été marquée par « le masque de la souffrance » -a t-elle dit- que portait Ilan qui était prostré au sol. Elle a par ailleurs déclaré que de nombreuses voitures circulaient sur la voie qu’elle empruntait et qu‘il est fort probable que Ilan ait été vu par des automobilistes sans qu’aucun ne s’arrête. Vers 8h55 du matin, soit environ 30 minutes plus tard, les policiers trouvent Ilan nu, brûlé, les mains menottées devant lui, avec des restes de scotch sur le front et le menton. Aujourd’hui, les deux gardiens de la paix témoignent devant la Cour. Ils déclarent s’être approchés tout près de lui. Tandis que l’un a d’abord cru Ilan Halimi mort, l’autre constatait qu’il était encore en vie. Les deux agents ont parlé à Ilan, ils lui ont dit qu’ils étaient de la police et qu’ils allaient lui venir en aide. Les deux gardiens de la paix ont ajouté qu’ils avaient voulu le rassurer en lui parlant mais que au lieu de l’apaiser, ça l’agitait, et que de plus, Ilan gémissait. A la barre, une Commissaire de police appelée sur les lieux ce jour là a présumé qu’ Ilan Halimi avait parcouru 160 mètres avant de s’effondrer, puisque c’est la distance qui séparait le corps d’ Ilan d’une zone que la Commissaire avait remarqué calcinée et qui sentait l’hydrocarbure. Ce qui laisse penser qu’Ilan était sur les lieux tout au plus depuis quelques heures.

Eric Haddad pour Radio J

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Procès en appel du Gang des Barbares, La cible était bien juive, l’enlèvement d’Ilan

 

 

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Aujourd’hui était auditionné l’ancien patron d’Ilan Halimi, gérant du magasin de téléphonie mobile situé boulevard Voltaire ou Ilan a été abordé par Yalda le 17 janvier 2006.

L’avocat de Yalda a questionné le gérant sur les éventuels signes distinctifs juifs d’Ilan Halimi lui demandant s’il portait une kippa ou un collier attestant de ses origines juives. L’ancien patron d’Ilan s’est énervé et a répondu qu’il voyait très bien où l’avocat voulait en venir et ajouté qu’Ilan n’avait pas été choisi par hasard : que la plupart des boutiques du quartier étaient tenus par des juifs. Maitre Szpiner, l’avocat de la famille Halimi a ironisé et demandé si Ilan n’avait pas aussi un nez crochu.

Par ailleurs, le gérant de la boutique a également fait une autre révélation : Ce 17 janvier 2006, le jour où Ilan a fait la rencontre qu’il n’aurait pas du faire avec Yalda, il n’aurait pas du travailler. Ce jour là, il effectuait un remplacement. Le vendeur remplacé devait rester au chevet de son père malade.

D’autres témoignages ont suivi :

Les deux meilleurs amis d’ Ilan sont venus honorer sa mémoire. L’un d’eux, musulman, a expliqué qu’ Ilan ne revendiquait jamais ses origines juives et que ses amis étaient de toutes origines. Son ami a aussi raconté que Ilan avait déjà eu des problèmes à l’école en raison de ses origines juives mais qu’il n’en avait jamais ressenti d’amertume.

 

citeilan1.jpgAprès l’examen des précédentes tentatives d’enlèvement, le procès entre maintenant et depuis vendredi dans les détails proprement dit de l‘enlèvement de Ilan Halimi.

 

  • Mardi 17 janvier 2006, Yalda se fait porter malade et sèche les cours. Youssouf Fofana l’accompagne place de la République. Le chef de gang pointe du doigt les magasins qui appartiennent à des juifs. Elle explique que lors d’une cérémonie juive, Youssouf Fofana avait repéré tous les magasins fermés pour cette occasion. Yalda entre dans une boutique, peine à engager une conversation avec les vendeurs. Finalement, Ilan lui griffone gentiment son numéro de téléphone sur un bout de papier. Youssouf Fofana est ravi et propose d’aller fêter ça autour d’un panini. Une heure plus tard, Yalda appelle Ilan Halimi pour lui proposer un verre le week-end prochain.
  • Vendredi 20 janvier, Yalda a fixé rendez-vous à Ilan à 22h au Paris-Orléans, un café qui se trouve à deux pas de la Porte d’Orléans. Yalda raconte qu’elle habite seule à Sceaux depuis deux mois et lui propose un dernier verre dans son petit appartement. Ilan prend sa voiture et se gare sur le parking d’un gymnase proche du supposé studio de Yalda. Tout de suite, Yalda repère les trois agresseurs recrutés par Youssouf Fofana cachés dans un bosquet, cagoules sur le visage. Elle connait la leçon: Pour donner le signal de l’assaut, elle doit prononcer le mot « clé ». Yalda fouille dans son sac et prétend ne pas savoir où sont ses clés. Trois ravisseurs surgissent subitement, plaquent Ilan au sol et le frappent. L’un d’eux est Jean-Christophe Soumbou, il fait un mètre quatre vingt-six et pèse cent six kilos. Les deux autres n’ont jamais été identifiés. Youssouf Fofana intervient à ce moment là. Sur la bouche et le nez d’Ilan, il met un tissu imbibé d’éther, puis du scotch sur ses yeux, lui menotte les mains  et le charge dans le coffre sans plage arrière d’une Audi grise break. La voiture démarre alors vers le lieu de calvaire d’Ilan Halimi : L’appartement du troisième étage de l’immeuble situé au 1, rue Serge Prokofiev à Bagneux.

Eric Haddad pour Radio J

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Procès en appel du Gang des Barbares, Du respect nécessaire de la défense… et de la vérité !

 

 

photopalais.jpgIl semble, à en croire notre consoeur du Nouvel Observateur, que deux avocats de la défense aient reçu des injures graffitées sur la porte de leur domicile. Les graffitis (étoile jaune et le mot « Kappo » taggés) leur reprochant de défendre des criminels dans ce procès à dimension également antisémite.

Il va de soi, mais cela va mieux en le disant, que tout accusé a droit à un avocat et même à un avocat de confession juive, y compris lorqu’il s’agit d’affaires de racisme et d’antisémitisme.

Aussi nous ne pouvons que déplorer cette action inadmissible et intolérable. C’est un euphémisme !

Cela étant posé, les réactions indignées des avocats ont permis de mettre en évidence la ligne de leur défense. Ce procès, affirment-ils sans rougir, n’est pas celui de l’antisémitisme ! Pas même un peu… En somme, la même position qu’il y a quatre ans, à la découverte des faits. Circulez , bonnes gens et Communauté Juive traumatisée, il n’y a rien à voir !

Deux des accusés ont dans leurs chefs d’accusation la circonstance aggravante de l’antisémitisme, des tracts salafistes (dixit le Président de la République lui-même en 2006) ont été retrouvés sur les lieux de la séquestration, des versets du Coran (comme démonstration pour ces néophytes de l’Islam de preuve pour eux de leur sérieux et méchanceté) étaient récités au téléphone à la famille d’Ilan durant les négociations et les tortures du jeune supplicié ! Quelques éléments de l’enquête qui n’ont jamais été contredits par qui que ce soit ; Et sur lesquels d’ailleurs nous reviendrons.

Et même en ce début de procès encore à huis clos -ce qui est bien commode pour cette question cruciale- Tifenn G, l’une des principales accusées, a redit devant la Cour à quel point l’antisémitisme était présent dans sa cité et ailleurs (informations Radio J du 27 octobre 2010).

Oui toute personne a droit à un avocat même Juif dans une affaire d’antisémitisme et personne ne doit le contester. Encore faut-il toutefois que ces derniers n’oublient pas que si cette affaire évoque un crime crapuleux et barbare, le racisme anti-Juif y a joué un rôle hélas décisif dans son terrible dénouement

Michel Zerbib

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